L’injection de plasma riche en plaquettes (connue sous le nom de platelet rich injection ou PRP) consiste à réinjecter dans le corps une concentration élevée des propres plaquettes du patient pour accélérer la réparation des tissus abîmés. Cette thérapie régénérative séduit par sa simplicité et son profil de sécurité favorable, mais elle s’adresse à des situations précises et mérite d’être comprise avant d’envisager un traitement.
Qu’est-ce qu’une platelet rich injection (PRP) ?
Le sang contient naturellement peu de plaquettes : environ 4 % de sa composition. Ces cellules jouent pourtant un rôle central dans la coagulation et la cicatrisation, car elles libèrent des facteurs de croissance capables de stimuler la régénération des tissus lésés.
Le PRP (Plasma Riche en Plaquettes) est un échantillon de plasma dont la concentration en plaquettes a été multipliée par centrifugation. On parle généralement d’une concentration 3 à 5 fois supérieure au taux normal. Cette richesse en facteurs de croissance donne au PRP sa capacité à relancer les processus de réparation dans des zones où la cicatrisation spontanée est difficile — tendons, cartilage, ligaments.
Il s’agit d’une thérapie autologue : le plasma utilisé provient du sang du patient lui-même, ce qui écarte tout risque de rejet ou d’incompatibilité.
Comment se déroule le traitement ?
Le protocole est rapide et ambulatoire. La durée totale au cabinet dépasse rarement 15 à 20 minutes.
- Prélèvement : environ 15 ml de sang sont tirés d’une veine du coude, comme pour une prise de sang classique.
- Centrifugation : le tube est placé dans une centrifugeuse pendant 5 minutes. Cette étape sépare les globules rouges et blancs du plasma riche en plaquettes.
- Injection : le concentré plaquettaire (3 à 5 ml) est injecté directement dans la zone à traiter (articulation, tendon ou muscle) après désinfection soigneuse.
Aucune anesthésie locale n’est utilisée, car elle inactiverait les plaquettes. Une douleur modérée peut survenir lors du geste et persister 2 à 5 jours. Un repos relatif de 24 à 48 heures est recommandé après l’injection, avec un arrêt des anti-inflammatoires pendant au moins deux semaines.
Le nombre de séances varie selon l’indication et la réponse du patient : entre 1 et 3 injections espacées de 4 à 8 semaines sont habituellement proposées.
Dans quels cas le PRP est-il utile ?
Les indications les mieux documentées concernent les pathologies musculo-squelettiques :
- tendinites chroniques (épaule, genou, coude, tendon d’Achille)
- arthrose débutante ou modérée du genou, de la hanche ou de la cheville
- lésions ligamentaires et entorses résistantes
- lésions musculaires aiguës chez le sportif
- chondropathies et lésions méniscales
Dans l’arthrose, le PRP ne reconstruit pas le cartilage mais peut en ralentir la dégradation, réduire la douleur et améliorer la mobilité. Les résultats sont plus nets aux stades précoces (grade 2 ou 3) ; dans les cas sévères où l’os est exposé, le traitement n’est plus efficace.
Des études récentes ont montré une supériorité du PRP sur les injections d’acide hyaluronique dans l’arthrose du genou, ce qui lui donne une place de choix parmi les alternatives aux infiltrations de corticoïdes. Pour les tendinites du coude en particulier, vous pouvez consulter notre article sur la douleur au coude et les étapes de reprise après une épicondylite.
Ce qu’il faut savoir avant de se lancer
PRP vs autres traitements articulaires
Sources : données issues de l article
Effets indésirables et contre-indications
Le profil de sécurité du PRP est globalement rassurant. Les effets indésirables restent limités : douleur transitoire au site d’injection, hématome léger, risque d’infection très faible (le PRP possède des propriétés bactériostatiques naturelles).
Certaines situations contre-indiquent le traitement :
- grossesse
- cancer en cours
- maladie du sang ou thrombopénie sévère
- infection ou lésion cutanée proche du site d’injection
- prise d’anticoagulants ou d’aspirine sans possibilité d’interruption
Il faut informer le praticien de tout traitement en cours avant la séance. Si le PRP n’est pas indiqué pour vous, des approches naturelles comme les plantes qui apaisent raideurs et douleurs articulaires peuvent constituer un premier soutien.
Coût et remboursement
Le PRP n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie. Le coût d’une injection se situe entre 200 € et 300 €, selon les praticiens et les régions. Certaines mutuelles remboursent une partie des frais — vérifier les conditions du contrat avant de planifier le traitement.
Le GRIIP (Groupe de recherche international sur les injections de plaquettes), créé en 2021, travaille à uniformiser les protocoles et espère ouvrir la voie à un remboursement partiel à terme.









