La pommade vitamine A pour les yeux est longtemps restée un traitement de référence pour des pathologies oculaires sévères. Son arrêt brutal de commercialisation en 2025-2026 a laissé de nombreux patients sans solution remboursée. Voici ce qu’il faut savoir sur son rôle, les raisons de sa disparition et les options disponibles aujourd’hui.
À quoi sert la pommade vitamine A pour les yeux ?
La vitamine A, aussi appelée rétinol, joue un rôle essentiel dans le maintien et la réparation de la surface oculaire. Sous forme de pommade ophtalmique, elle favorise la cicatrisation de l’épithélium cornéen tout en protégeant les tissus fragiles de l’œil.
Ce type de traitement est prescrit dans plusieurs situations précises :
- Syndromes secs sévères, quand les larmes artificielles ne suffisent plus
- Troubles de la cicatrisation cornéenne résistants aux traitements habituels
- Ulcères neurotrophiques, liés à une atteinte de l’innervation cornéenne
- Kératopathies et certaines suites de chirurgie ophtalmologique
- Anomalies de conformation des paupières, qui exposent la cornée à une irritation chronique
La pommade s’applique de préférence au coucher, car elle peut troubler temporairement la vision après l’instillation. Sa texture épaisse permet une libération lente du principe actif pendant la nuit.
Vitamine A Dulcis (laboratoire AbbVie) était jusqu’en 2025 la seule pommade ophtalmique à la vitamine A remboursée par l’Assurance maladie en France. Son usage était très répandu : entre 130 000 et 160 000 tubes vendus chaque mois.
Vitamine A Dulcis : pourquoi ce médicament a-t-il disparu ?

En juin 2025, le laboratoire AbbVie a informé l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) de son intention d’arrêter la commercialisation de Vitamine A Dulcis. Les raisons invoquées restent vagues et relèvent, selon le communiqué officiel, « de raisons liées à la fabrication ».
L’arrêt de commercialisation est devenu effectif au 30 juin 2025. Le dernier lot disponible a été périmé au 31 janvier 2026, marquant la fin définitive de l’accès à ce médicament.
Face à cette rupture, l’ANSM a mis en place des mesures de gestion des stocks :
- Les médecins ont été invités à réserver leurs prescriptions aux patients les plus sévèrement atteints, pour qui aucun autre traitement n’avait fonctionné.
- Les pharmaciens ne devaient délivrer le médicament que sur ordonnance de moins d’un an et en quantité strictement adaptée aux besoins.
- Pour les formes moins sévères, l’ANSM recommandait de se tourner vers des produits à base d’acide hyaluronique ou de dexpanthénol.
En parallèle, une solution transitoire a été mise en place dès octobre 2025 : l’importation de Vitamine A Blache 15 000 UI/g, une pommade ophtalmique initialement commercialisée en Suisse, rendue disponible en France par le laboratoire Chauvin. Sa prescription restait néanmoins réservée aux mêmes indications thérapeutiques sévères, en seconde intention.
Quelles alternatives à la pommade vitamine A pour les yeux ?
Depuis le 26 février 2026, un cadre réglementaire pérenne est en place. Un arrêté publié au Journal officiel du 13 février 2026 a officialisé l’inscription de pommades ophtalmiques sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR).
Ces produits sont désormais reconnus comme dispositifs médicaux ophtalmiques remboursables, mettant fin à la période d’incertitude qui avait suivi le retrait de Vitamine A Dulcis. Les laboratoires identifiés comme concernés par cette inscription sont Horus Pharma, Ursapharma et Visufarma.
L’ANSM avait également mentionné, avant ce cadre réglementaire, plusieurs alternatives non remboursées :
- Vitanuit : pommade contenant de la vitamine A, disponible sans ordonnance
- Xailin Night : pommade sans vitamine A, sans conservateur, adaptée aux yeux sensibles
- Hydramed Night sensitive : produit à base de vitamine A, dont les approvisionnements progressifs ont été annoncés par les fabricants
Pour les patients souffrant de sécheresse oculaire modérée, sans atteinte sévère de la cornée, les professionnels de santé orientent vers des substituts lacrymaux à base d’acide hyaluronique ou de dexpanthénol. Ces solutions sont largement disponibles en pharmacie, avec ou sans ordonnance. Certains patients se tournent également vers des approches naturelles pour soulager les yeux, comme la naturopathie, en complément d’un suivi médical.
Un point d’attention reste important : la composition de ces produits varie d’une marque à l’autre. Certains conservateurs, comme le chlorure de benzalkonium, peuvent être mal tolérés à l’usage prolongé et aggraver une irritation oculaire. Il est conseillé de vérifier l’étiquette et d’en parler à un professionnel de santé avant de choisir un substitut.
Si vous étiez traité avec Vitamine A Dulcis, consultez votre ophtalmologue ou votre pharmacien pour adapter votre traitement. Le passage à une alternative doit être accompagné, surtout en cas d’atteinte sévère.








